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De juriste a développeuse : ma reconversion tech

Julia Batoro
Julia Batoro
5 min read

Je suis juriste en droit du numérique. Je travaille sur des contrats tech, de la conformité, de la propriété intellectuelle. Je passe mes journées a lire des documents qui parlent de systèmes que je ne comprends pas vraiment. Les mots sont la. Architecture, base de données, API, infrastructure. Je les utilise. Je les négocie. Mais je ne sais pas ce qu'il y a en dessous.

Je conseille sur des produits que je ne sais pas construire. Et ça, a un moment, ça ne passe plus.

Pourquoi le droit ne suffisait plus

J'aimais le droit du numérique. Sincèrement. Les contrats SaaS, la propriété intellectuelle, la conformité RGPD. C'est un domaine passionnant où la tech et le droit se croisent en permanence.

Mais j'étais toujours spectatrice. Je voyais les failles, les risques, les problèmes. Sans pouvoir les corriger. Sans pouvoir proposer une alternative concrète. Le juriste arrive après. Le développeur décide pendant.

Le déclic n'a pas été un moment précis. C'est une accumulation. Des contrats ou je ne comprenais pas la moitié des décisions techniques. Des fondateurs qui me demandaient mon avis sur des choix que je ne pouvais pas évaluer. La sensation permanente d'être a côté du truc, pas dedans.

Je voulais être de l'autre côté. Pas commenter les produits. Les construire.

L'École 42 : partir de zéro

42, c'est pas une école au sens classique. Pas de cours. Pas de profs. Pas de diplôme requis pour entrer. Juste une piscine (un mois d'épreuves intensives pour être admis), des projets, et de l'autonomie.

40% des étudiants n'ont aucune expérience en code quand ils arrivent. L'âge moyen est de 24 ans. Le coût : 0 euros. Gratuit. Financé par des fonds privés et publics. Le taux d'emploi a la sortie est de 100%. Salaire moyen : 47 000 euros.

Mon expérience : le choc du début est réel. Tu arrives, tu ne sais rien, et personne ne va te prendre par la main. Tu apprends en faisant. Tu galères sur un projet en C pendant des jours. Tu demandes de l'aide a d'autres étudiants qui galéraient sur le même projet la semaine d'avant. Tu recommences. Tu finis par comprendre.

Ce que 42 m'a appris va bien au-dela du code. La résolution de problèmes. L'autonomie absolue. La capacité a apprendre n'importe quoi en partant de zéro. La résilience face a l'échec. Et surtout : la conviction que n'importe qui peut apprendre n'importe quoi si la méthode est bonne et la motivation est la.

Ce que le droit m'a donné que le code ne m'aurait jamais donné

Et la, le retournement. Ma formation juridique n'est pas un handicap. C'est mon avantage compétitif.

Je sais lire un contrat SaaS ET auditer le code qui tourne derrière. Je comprends la conformité RGPD ET l'architecture de données. Je pense risque, responsabilité, implication juridique, la ou un dev pense feature et déploiement.

Les compétences transférables du droit vers la tech sont massives. L'analyse de risque. Le raisonnement structuré. La négociation. La compréhension des enjeux business. La capacité a lire entre les lignes d'un document technique.

Les études le confirment : les rôles tech qui combinent expertise juridique et compétences techniques grandissent 75% plus vite que le marché traditionnel. Normal. C'est une combinaison rare. Et dans un monde ou les produits digitaux sont de plus en plus réglementés (IA Act, RGPD, DSA), cette double compétence vaut de l'or.

Quand j'audite une app, je ne regarde pas juste le code. Je regarde aussi les CGU, le traitement des données, la conformité. C'est ça la double lecture. Et c'est ça qui fait la différence quand j'accompagne des fondateurs.

Le mythe "c'est trop tard pour se lancer dans la tech"

Je l'entends tout le temps. "L'IA va remplacer les devs." "C'est trop tard." "Le marché est saturé." "A quoi bon apprendre a coder si l'IA code a ta place ?"

La réalité est plus nuancée. Les postes analytiques, techniques et créatifs ont augmenté de 20% grâce a l'IA. Ce qui disparaît, c'est le travail répétitif. Les tâches mécaniques. Le code boilerplate. Ce qui augmente, c'est le besoin de gens qui savent réfléchir, cadrer, décider, auditer.

Exactement ce que savent faire les gens qui viennent d'autres industries. Les juristes, les commerciaux, les financiers, les médecins. Des gens qui savent analyser, structurer, négocier. Et qui en plus apprennent a comprendre la tech.

L'IA ne remplace pas les reconvertis. Elle rend la reconversion plus accessible. Tu n'as plus besoin de passer 5 ans a apprendre a coder pour lancer un produit. Mais si tu veux comprendre en profondeur ce qui se passe, 42 ou un équivalent reste le meilleur investissement que j'ai fait.

Ce que je ferais différemment aujourd'hui

En 2026, je n'aurais probablement pas besoin de passer par 42 pour lancer un produit. Les outils de vibecoding permettent de construire sans coder. Cursor, Lovable, Bolt. En quelques heures, tu as un prototype fonctionnel.

Mais 42 m'a donné quelque chose que les outils ne donnent pas. La compréhension profonde de ce qui se passe sous le capot. Pourquoi ce code est lent. Pourquoi cette architecture ne scalera pas. Pourquoi ce choix technique va créer des problèmes dans 6 mois. C'est ça qui fait la différence quand j'audite des apps ou quand j'accompagne des fondateurs.

Si tu veux lancer un produit : commence par vibecoder. C'est le chemin le plus rapide vers un premier truc tangible. Si tu veux comprendre la tech en profondeur : fais 42 ou un équivalent. Les deux chemins sont valides. Ils ne mènent juste pas au même endroit.

Tu hésites a te lancer dans la tech ? Écris-moi. J'aurais aimé qu'on me dise tout ça quand j'ai commencé. julia@aj-ventures.com

Julia Batoro

Julia Batoro

IT lawyer turned dev. Founder of AJ Ventures. Audit, vibecoding and support for non-technical founders.